chateau brane Cantenac 1997 margaux second cru classé
il est rare que je boive et même savoure plusieurs fois en peu de temps le même vin... sauf s'il m'a beaucoup plu et que je ne vois pas la raison (peut-être à tort) de le faire vieillir plus avant...
ou étais je en 1997 ? année étrange et pourtant celle de mes 20 printemps car année de mon service militaire ou, dfisons le bien nettement, je me suis fait chier comme rarement, même si j'ai appris beaucoup de choses et profité de rien, quand on est jeune on est con... j'vous jure
année compliquée à bordeaux aussi car année très hétéroclite avec des maturités très disparates, je me rappelle le récit d'un vigneron qui, sur une même grappe décrivait des raisins parfaitement mûrs, d'autres rosés et d'autres verts, un peu le cauchemar pour gérer ça, trier était le maître mot, comme tous les ans me direz-vous, mais encore plus sur ce type d'année...
alors mes impressions passées sur ce vin qui m'a à de nombreuses fois laissé sans voix de par ses qualités vont devoir être mises au placard car je juge, si je puis dire, un flacon, celui que j'ai sous le nez, n'oublions pas l'adage qui dit qu'il n'y a pas de grands flacons après 20 ans d'âge, mais que de grandes bouteilles, ce n'est pas le chateau Guadet-Saint-Julien 1990 saint émilion grand cru classé que j'ai foutu à l'évier la semaine dernière qui me fera dire le contraire !
donc bouchon qui vient un peu durement, il a fallu que je joue intelligemment de finesse et de puissance pour l'avoir d'un coup car il commençait à devenir sec en son centre , à peine imbibé sur un centimètre, parfaitement lisse, l'archétype-même du beau bouchon dans toute sa splendeur, après 22 ans enfermé, ce n'est pas anodin...
ensuite la superbe robe bien brillante, splendide, pas super profonde, mais ça me va bien ;), à noter que le vin commence à "rouiller" sur le bord du disque (partie en contact avec l'air dans le verre) ce qui est un peu normal !
le nez est une splendeur (faut que je renouvelle mes adjectifs qualificatifs !) avec une palette de fruits rouges (fraise et groseille) mais aussi très floral (rose fraiche, pivoine) notes de poivre, quelle fraicheur !
la bouche... imaginez des lèvres pulpeuses en train de vous raconter une belle histoire, vous seriez en transe devant le moindre de leur mouvement, leur toucher serait soyeux à souhaits, tellement que l'envie de les effleurer vous tarauderait l'esprit plus que de raison, alors vous verriez leur finesse tout en étant d'un joli volume, bref, tout pour plaire...
elles seraient là du début à la fin, vous contant l'histoire de la belle au bois dormant, vous seriez tout ouï, devant une si belle précision de narration, alors la longueur de l'histoire ne vous gênera pas, car même si les amers (celle qui vous empêche de les toucher) sont superbes, alors vous ne pouvez vous empêcher de les embrasser avec passion, étant littérallement sous le charme de l'histoire racontée, qui commence bien, avec du fond et une finale plaisante, bref tout pour elle, euh... je m'égare !
en bref un vin toujours aussi superbe qui donne envie d'embrasser le goulot goulument si je puis dire, donnant l'envie de retomber amoureux comme quand nous avions 17 ans
excellent !
